Patrimoine

Sous le nom de Bernivilla, la terre de ce village a été donnée en 653 par le roi Thierry III à l'abbaye de Saint-Vaast.

Le diplômeur d'Hincmar de 850, assigne ce lieu ad necessaria fratrum.

En 1110, le pape Paschal II confirme à l'abbaye l'autel de Berneville, que l'évêque Lambert lui avait accordé en 1098.

Lors du siège d'Arras, 1492, le maréchal d'Esquerdes vint camper à Berneville (d'Héricourt, les Sièges d'Arras).

Après la promulgation de la constitution de l'an III, Berneville fut chef-lieu de canton, et, par suite, lieu de réunion des assemblées républicaines.

Ce village eut sa coutume particulière (Clémént-Usages Locaux).

1. LA MAIRIE

Ce bâtiment isolé au milieu d'axes routiers a été construit en 1861. A cette époque, il s'agissait d'un « lieu de stockage pour pompes à incendie avec salle de Mairie à l'étage ».

On peut voir au sommet de la toiture la cloche (surmontée d'un giroutette) qui servait à alerter la population en cas d'incendie ou d'événement grave...
Le cadran solaire, sur la façade sud, est identique à celui de l'église.

Berneville a été chef-lieu de canton au cours de la révolution de 1790 à 1801.

En 1936, a été décidé la construction d'un bâtiment contigu à la mairie, à vocation d'école communale. Au fil des ans et du développement du village, ce bâtiment est devenu : foyer rural, salle de classe, bibliothèque muncipal en 1997.

 

mairie1 berneville

mairie2 berneville

2. L'EGLISE

Attenante à une ferme qui est l'ancien prieuré de l'abbaye Saint-Vaast, l'église fut construite en 1763 sur une partie des propriétés des moines.

L'église est placée sous le vocable de Saint-Géry.

Saint Géry était diacre de Trèves, envoyé par Childéric II comme évêque de Cambrai-Arras entre 584 et 590. Il mourut après 39 ans d'épiscopat entre 624 et 627.

Fête le 11 août.

 

eglise berneville

 

(1) Pierre de marbre blanc, encadree de bois noir et placee dans la muraille interieure, côté sud.
(hauteur,1,30;largeur,0,68).

 

ICY REPOSENT LES CORPS DE JEAN FRANCOIS TRUFFIER, MAYEUR FERMIER
DE L'ABBAYE DE ST VAAST, DECEDE LE 15 AVRIL 1738 ET DE

MARIE BLANCHE BOUCHER SON EPOUSE DECEDEE LE 17 AVRIL 1766.
LAQUELLE A LAISSE SIX BOISTELETS DE TERRE POUR DECHARGER
DANS CETTE EGLISE 12 OBITS.
DE FRANCOIS JOSEPH TRUFFIER LEUR FILS MAYEUR ET
FERMIER DE LA MEME FERME DECEDE LE 12 JANVIER 1766.
Y JOINTE MARIE-ROSE BOUCHER SON EPOUSE DECEDEE LE 27 AOUST 1764.
DE JEAN PHILIPPE TRUFFIER LEUR FILS VIVANT DE SES BIENS
DOMICILIE DANS LA VILLE D'ARRAS
DECEDE DANS LA MAISON DE COURTCAMP
LE 24.7BRE 1776 ET INHUME DANS CETTE EGLISE
LE 26 DU MEME MOIS AGE DE 74 ANS.
D'ADRIENNE BLANCHE TRUFFIER LEUR FILLE VEUVE
DU SIEUR AUGUSTIN PROYART LAQUELLE A DONNE LA SOMME
DE 1000H POUR 4 OBITS FONDES DANS CETTE EGLISE
A PERPETUITE CE QUI FUT ACCEPTE DECEDEE LE .................................................
ET DE HENRI TRUFFIER LEUR FILS VIVANT DE SES BIENS
DECEDE LE 5 JUIN 1779. AGE DE 75 ANS.
DAIGNEZ JUSTE LECTEUR PRIEZ LE SEIGNEUR POUR LEURS AMES.
REQUIESCANT IN PAGE.

 

Inscription de la cloche (2)


JE SUIS NOMMEE MARIE GUISLAINE PAR MICHEL HOCEDE ET MARIE GUISLAINE DAMBRINES SA FEMME MARRAINE, Me BRASSEUR A BERNEVILLE.
ET J'AI ETE BENITE PAR M. JEAN PHILIPPE DE GOVY CURE ET DOÏENS DE BEAUMETZ-LEZ-LOGES, M. PHILIPPE JOSEPH BAUDET ETANT CURE DE LA DITE PAROISSEBDE BERNEVILLE.
1737 ME FECIT STEPHANUS JAUSSAUD.

 

(1) Source : "Epigraphie du pas de calais T1 ARRAS 1883"
(2) Source : "Epigraphie du pas de calais TVIII par rodière paru en 1932"

 

Abbaye de Berneville

 

3. L'ABBAYE

En 653, le roi mérovingien Thierry III fit don de la terre de Berneville à l'abbaye Saint-Vaast, qui la garda jusqu'en 1790.

La tourelle et les bâtiments annexes sont les derniers vestiges de prieuré qui dépendait de cette puissante abbaye.

Cette tourelle, à droite du portail, servait d'escalier aux bâtiments de prieuré.

Au Moyen-Âge, l'abbaye Saint-Vaast était puissante, très riche de possessions. Les moines y étaient nombreux et leurs influences intellectuelles et artistiques importantes.

On retrouve la puissance de ce prieuré dans le cahier de doléances et de revendications de la commune de Berneville établit en 1789, accumulation d'une rancœur cachée pendant des décennies par des serfs impuissants.

Cette époque de l'histoire de France fut particulièrement vive dans ce village, qui fut chef-lieu de canton de 1790 à 1801 et lieu de réunion des assemblées républicaines.

4. LE MONUMENT AUX MORTS

 

monument aux morts


Monument élevé sur un terrain donné par Louis Wiart (entrepreneur de transport à Vimy)
en souvenir de son fils morts au champ d'honneur.

 

Monument en marbre de lunel avec coq (hauteur total : 4, 80 m)

 

Texte de l'épitaphe :

 

" La commune de Berneville à ses enfants morts pour la France "

 

Sur une plaque :


" A eux l'immortalité "

5. LA CHAPELLE


La chapelle de la Vierge présente un pignon chantourné à volutes, creusé d'une petite niche. La base et la façade sont en pierre, le reste du bâtiment, en brique. Édifié au 18 ème siècle, rebâtie en 1814, cet oratoire a connu des restaurations : après la seconde guerre mondiale, en 1993 et 2011. Par la porte à décor serviette, on découvre un petit autel à retable avec les statues de la vierge et de Ste Thérèse.

 

chapelle berneville

 

calvaire-Monument aux morts-Berneville

6. LE CALVAIRE

Le calvaire est situé à l'angle des rues d'Arras, Saint-Omer et du chemin de Dainville.

7. L'ARCHEOLOGIE

On voyait encore en 1720 deux tours dans une ferme de ce village; elles servaient d'escalier aux bâtiments du prieuré que les religieux de Saint-Vaast y occupaient anciennement.

C'est dans ce même emplacement que l'église fut construite en 1763.

L'abbaye céda le terrain occupé par le choeur et le fit bâtir à ses frais.
La nef doit sa construction aux nombreuses donations des habitants.

Historique

Ces deux pages d'historique de Berneville sont extraites d'une brochure intitulée « Villages d'Artois » réalisée dans les années 1970 par les élèves de l'école normale d'Arras.

Berneville est une petite commune de la vallée du Gy, appartenant à l'arrondissement d'Arras et plus particulièrement au canton de Beaumetz-les-Loges.

En 1790, la population de Berneville était de 325 habitants. Cette population va connaître un accroissement naturel normal pendant presque un siècle : 388 hab. en 1806 ; 419 hab. en 1826 ; 461 hab. en 1846 ; 506 hab. en 1861, atteignant son apogée en 1876 avec 510 habitants.

A partir de cette date, la population va décroître régulièrement, passant de 485 hab. en 1881 à 438 hab. en 1901; 375 hab. en 1921; 301 hab. en 1946; 287 hab. en 1962; 252 hab. en 1968, puis 235 hab. en 1975.

L'origine du nom

En 674, Berneville portait le nom latin de Bernivillam, lequel s'est transformé en Bernevilla en 1167 avant de donner Berneville en 1243. Ce nom de Berneville serait dérivé de Berno ou Bernerus, noms d'hommes et de « villa », qui signifie la ferme, la maison de campagne.

Quelques points d'histoire

Dans le D.H.A. du Pas-de-Calais, voici ce que dit M. de CARDVACQUE sur l'histoire de Berneville :

« Sous le nom de Bernivilla, la terre du village de Berneville a été donnée en 653 par le roi mérovingien Thierry III à l'abbaye de Saint-Vaast.

En 1110, le pape Paschal II confirma à l'abbaye l'autel de Berneville que l'évêque Lambert lui avait accordé en 1098. »

En 1789, le cahier de doléances des habitants de Berneville est un des plus intéressants et significatifs de l'Artois.

L'enquête de 1790 nous apprend que la nouvelle municipalité avait à sa tête Jean-Baptiste Roger, 45 ans, fermier. La commune n'avait aucune charge (heureux temps !), aucune dette, aucun procès... La population qui s'élevait à 325 habitants comptait 68 hommes mariés ou veufs, 60 femmes, 36 garçons de plus de 18 ans, 34 filles et 127 enfants de moins de 18 ans.

Si 86 hommes étaient inscrits sur la liste des gardes nationales, les paysans montaient la garde avec fourches et bâtons.

Comme dans beaucoup de village, les chemins de terre sont défectueux, surtout ceux qui conduisent à la grand-route d'Amiens. Il faudrait les « graver »(empierrer).

Adrien Carpentier, du village de Simencourt, faisait tourner un « moulin à bled ».

Le curé, M. Parent, 50 ans, exerce à Berneville depuis 12 ans. Le presbytère, construit en 1750, est en mauvais état. La « fabrique paroissiale » possédait un revenu de 164 livres et 6 razières de blé fondé sur 31 mesures de terre. Ses dettes se montaient à 800 livres car l'entretien et les réparations de l'église lui incombaient. Le maire signale qu'il n'a pas de revenus pour les pauvres mais que ceux-ci réclament à l'abbaye Saint Vaast 65 mesures appartenant à d'anciennes hôtellerie et maladrerie.

Le 16ème article du cahier de doléances veut « remédier à la mendicité si commune que les habitants des campagnes sont contribués par les pauvres et exposés à des insultes nocturnes».

Après la promulgation de la Constitution de l'an III, Berneville fut chef-lieu de canton de 1790 à 1801 et, par la suite, lieu de réunion des assemblées républicaines.

Monuments intéressants

1. L'église

L'église de Berneville fut construite en 1763 ; la nef devant en particulier sa construction aux nombreuses donations des habitants. La cloche de bronze fut fondue en 1737. Cette église du 18ème siècle possède queques objets intéressants dont un maître autel, un tabernacle, un expositoire et un retable en chêne du XVIII ème siècle ; deux rétables du début du XIX ème siècle ; une statue en bois doré de St Géry du XIX ème siècle, une statuette en bois doréde la Vierge à l'enfant du XIX ème siècle, une statuette de St Eloi qui daterait du XVII ème siècle, et enfin une pierre tombale de marbre blanc, encadré de bois noir, placée dans la muraille intérieure de l'église, au nom de la famille Truffier, qui daterait de la seconde moitié du XVIII ème siècle.

2. Une ferme

Cette ferme, située rue de l'église (actuellement impasse de l'Abbaye), est attenante à celle-ci sur sa face ouest. Elle a la particularité d'être installée dans les restes d'un ancien prieuré que les religieux de Saint-Vaast occupèrent jusqu'au début du XVIII ème siècle. A gauche du portail, on voit encore une des deux tourelles qui servaient d'escaliers aux bâtiments du prieuré. C'est sur l'emplacement de ce dernier que l'église fut construite. L'abbaye céda le terrain occupé par le chœur et le fit bâtir à ses frais.les habitants, par leurs dons, financèrent la nef. Cela était très fréquent sous l'Ancien Régime.